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» Catégorie : Scolarisation


Une page se tourne

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Ce matin, l’AVS devant être présente, nous avons fait un dernier test pour l’école.

Ce matin, tu t’es levé et habillé sans histoire, j’avais donc bon espoir. Quand je t’ai annoncé que l’on allait partir à l’école, tu as dit que tu ne voulais pas, et malgré mon ventre qui me torturait et mon coeur serré, j’ai insisté. Tu ne voulais pas monter sur ton vélo, mais j’ai insisté. On est parti et on est passé par des petits chemins pour faire diversion et pour ne pas arriver trop tôt…

Arrivé devant l’école, tu m’as tendu le vélo, puis tu t’es accroché à moi… J’ai essayé de te rassurer, de te dire que l’AVS allait arriver, que je surveillais, « ne t’inquiète pas mon amour, vas ». Tes lèvres ont commencer à se tordre et à trembler, tu ne voulais pas me lacher. La maîtresse au portail a essayé de t’emmener avec elle, mais tu as refusé. Je t’ai serré contre moi… Pourquoi faire confiance à des gens qui ne te défendent pas quand tu en as besoin ? 

J’ai alors pris la décision de t’amener à ta classe, on a traversé la cour, toi collé contre moi, ignorant les coucou et les questions de tes camarades de classe. Nous sommes arrivé devant une porte fermée, j’ai toqué, je suis entré et j’ai expliqué que je t’avais amené car c’était difficile. On a alors appris que l’AVS n’est pas là, et que l’autre AVS, que tu as l’habitude de voir, n’est plus là, définitivement. 

Tu as pleuré, tu me courais après, tu ne voulais pas rester. J’ai alors dit à la maîtresse que j’allais te ramener à la maison, et elle pense aussi que c’est mieux, que c’est trop difficile pour toi cette année. J’ai pris quelques minutes pour lui expliquer notre projet et que ce n’est pas à cause d’elle, et pendant ce temps tu es parti en courant…

Je suis parti en courant derrière toi, en panique, je ne te voyais pas, quand je t’ai entendu hurler… Je t’ai vu au portail, allongé, tiré par les bras par deux maîtresses dépassées, et j’ai cru que j’allais vomir. Pourquoi est-ce que j’ai voulu tenter ? Pourquoi est-ce que je ne t’ai pas écouté ? Pourquoi ? Parce que pour être sûrs il fallait malheureusement ça, mais que ça me coûte, ça ne m’empêche pas de culpabiliser. Je t’ai pris dans mes bras, elles ont essayé de m’aider, de porter ton sac, mais j’ai juste dit « c’est bon » et je suis parti. Je ne pouvais pas, je ne pouvais plus…

Je suis retourné voir ta maîtresse, toi dans mes bras, j’ai fini ma conversation et je lui ai dit que nous ne reviendrons plus. Je t’ai posé et je t’ai dit « j’ai promis, on rentre ». Tu t’es aussitôt calmé, le sourire est revenu, et nous sommes parti en courant et rigolant comme des fous dans la cour.

Sur le chemin j’ai croisé une parent d’élève qui, au conseil d’école, a parlé de notre histoire… La directrice a hurlé à la diffamation, donc je crois que la discussion avec cette personne est impossible et surtout nerveusement insurmontable. Il va néanmoins falloir se parler, pour lui expliquer que nous ne reviendrons plus, mais le message laissé de ma part ce matin a donné le ton, sec, concis, « ce n’est plus possible ». J’ai demandé à papa de voir s’il pourrait être là, car si j’y vais seule, je ne sais pas. Déjà il faudrait qu’elle me rappelle… La parent d’élève a discuté un peu avec moi, elle m’a dit qu’elle aurait pris la même décision, qu’avant tu allais en courant et souriant à l’école, mais que depuis la rentrée tout le monde voit que ça ne va pas.

Une page se tourne, on s’est battu pour avoir cette place, on a même déménagé pour ça ! On y a mis des espoirs fous, on était tellement heureux mon amour. Ils mettent sur notre route des obstacles pour nous faire craquer, pour t’enfermer dans des centres où tu ne gêneras pas les gens à la vie vide et au coeur intolérant. Ils nous poussent à bout pour avoir la paix. Les gens les défendent, « ils n’ont pas de formation ». Il y a une différence entre ne pas être formé, et ne pas être volontaire. Et les gens volontaire comme la maîtresse, ne sont pas formés et font donc ce qu’ils peuvent, pas ce qui devrait être fait.

Je suis très en colère aujourd’hui, contre moi qui ait dû faire ce que j’ai fait ce matin, contre ce système incohérent et inadapté au possible. Je suis en colère contre ce pays qui donne de l’espoir pour mieux le casser, qui nous laisse patauger dans la semoule et chercher des solutions dans des centres pleins aux listes d’attente effrayantes. Qui nous donne l’impression d’être dans une pièce où chaque porte se ferme quand on se retourne vers elle. 

J’espère de tout coeur que notre projet va se concrétiser, que tu seras enfin en paix, à l’aise, heureux. J’espère qu’un jour nous aurons une vie sans bataille, sans larmes, sans cris et sans indifférence. J’espère qu’un jour mon amour, tu vivras la vie que tu mérites, car tu es celui qui mérite le plus d’avoir la sérénité après toutes les batailles que tu as courageusement enduré.

J’ai envie de pleurer, de frustration, de peur, d’énervement, mais aussi d’amour. Je t’aime quoi qu’il arrive, et je suis soulagée d’être bientôt sortie d’un système qui devient impossible à vivre, même pour les enfants ordinaires. Je suis effaré de tout ce que j’entends, de tout ce que je vois, de l’incompétence de certaines personnes, qui devraient changer de métier, personne ne les a forcé !

Sur ce, je vais faire mon ménage pour me calmer, toi tu as pris ton kinder et est parti voir tes petits dessins animés, pour l’instant je vais te laisser la paix. Malgré tout, je me sens tellement soulagée… et j’espère du fond du coeur, que toi aussi…

Le test

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Voilà, on y est…

Hier, cette rentrée, j’en avais mal au ventre, j’imagine que toi aussi…

Hier soir on a discuté, je t’ai demandé si tu voulais retourner à l’école, et tu m’as demandé « demain ? ». Je suis éberluée de ce mot, mais je ne laisse rien paraître et j’enchaîne « oui mon amour, demain, tu veux aller à l’école ? », ce à quoi tu as répondu « oui oui ». C’est donc décidé, on met le réveil, tu as à priori réussi à passer au-dessus de tout ça, tu veux y aller, et je respecte toujours ton choix.

Quand le réveil sonne, ça fait déjà 1h30 que tu es debout… ça m’inquiète…. Je te demande à nouveau si tu veux aller à l’école, mais l’AVS n’est pas là, es-tu sûr ? « oui oui ». Tu t’habilles, pour une fois sans rechigner, et bien allons y c’est donc reparti !

Sauf que… au moment de se préparer à partir c’est le drame, tu t’effondres sur le canapé, en pleurs « je veux pas ». Si tu ne veux pas y aller mon amour, tu n’iras pas, d’accord ? Ne pleurs pas, dis moi… « je veux pas ». Alors d’accord, reste là, mais tu devras travailler avec maman, d’accord ? Tu restes dubitatif, je te laisse en paix…

Qu’est-ce qu’on fait ? Je demande à papa. Ben on teste l’école à la maison ! Me voilà donc partie à préparer quelques ateliers, freine toi maman, freine toi, des idées t’en as 10.000 à la minute mais 10 minutes de travail, coupées d’une « récré », ça me semble bien pour le premier jour. Et comme dit papa, « mieux vaut plusieurs fois quelques minutes de bon travail qu’une crise ».

Je m’attendais à un combat avec toi, mais j’ai eu le bonheur de te voir apprécier mes ateliers, même si l’un deux, trop facile, t’as un peu blasé, et que pour les chiffres, il faut encore t’aider. Encore une fois je suis fière de toi mon amour, tu as même réclamé « cacaé » en récompense (chocolat), et ravi d’avoir communiqué ton désir, tu as l’air heureux, fier et posé. Espérons que ça dure ^^ 

Un désastre nommé école…

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L’école, tu l’as choisi… Tu pouvais rester un an de plus à la garderie, mais ta psychomotricienne trouvait dommage que tu n’ailles pas à l’école, avec cette soif que tu as de découverte… De plus nous devions déménager, la décision t’appartenait donc… Du haut de tes deux ans, tu as choisi l’école, et nous t’y avons donc inscrit.

Le jour de la rentrée fut un jour terrible, mon ventre me faisait tellement mal et je tremblais tellement que c’est papa qui t’a emmené ce matin là. Te confier à une personne restait si difficile. J’ai tourné en rond jusqu’à ce qu’il revienne, le pressant de question…. Contre toute attente, « tout s’est bien passé, il est parti jouer ».

Bien sûr, seulement quelques jours après la rentrée, la maîtresse nous a convoqués, « il ne parle pas et est toujours seul, je m’inquiète »… Nous n’avons pas encore de diagnostique, nous racontons donc ton histoire, et la maîtresse, avec des précautions infinies, nous parle d’AVS, cependant, il faut faire un dossier à la « maison départementale des personnes…. euh… handicapées » murmure t’elle sans oser nous regarder. « D’accord on va le faire, il ne parle pas, c’est un handicap ! Expliquez-moi ». Une maîtresse étonnée mais ravie, nous explique donc qu’il faut faire un dossier etc. J’ai donc appelé la MDPH le lendemain, qui m’a expliqué comment faire un dossier simplifié. Nous avons bien insisté sur le fait que tu mettais tout à la bouche à cette période, et au retour des vacances de Noël, l’AVS était là. C’était parti pour la grande aventure !

Ce ne fut pas de tout repos, tu n’es pas encore propre, et tu veux aller à la cantine, donc je te récupère souvent à 13h30 dans la cour à courir le pantalon en bas des genoux, car la couche est devenu trop lourde… Rien à faire, leur travail n’est pas de te changer, donc on devra faire avec malgré mon insistance… La première année la maîtresse est top, tu vas même au centre de loisirs et tu adores, le midi une ATSEM t’aide à manger et, même si certaines choses sont « compliquées », l’année se déroule presque sans accroc.

L’année suivante sera très difficile, la maîtresse est imbuvable et me mettra hors de moi, ainsi que l’ATSEM. Elles t’isolent dans un coin de la classe, tu n’es qu’avec ton AVS. Elles iront jusqu’à m’envoyer un courrier pour m’accuser de racisme car je demande à l’ATSEM de retrouver ton doudou, perdu depuis une semaine… Tu n’aimes pas cette personne, et un matin tu craqueras sur le banc, en larmes. Ce jour là mon coeur, de nouveau, s’ouvrira en deux. Je me souviens de ce matin là mon amour… Je me suis accroupie devant toi et je t’ai alors avoué « je sais ce que tu ressens, maman non plus n’est pas comme tout le monde… » tes yeux se sont alors levés vers moi, plein d’espoir et en quête d’explications…  » je veux que tu te dises, que dans cette salle, personne n’est assez intelligent pour te comprendre. Tu es différent mon amour, et eux, ils sont tous pareils ». Tu t’es levé d’un bond et est allé en classe, en snobant littéralement la maîtresse qui se tenait à la porte. J’étais fière, de toi, de moi, de la différence, de notre force. Cette année fut ponctuée par les rendez-vous à Necker qui rajoutèrent à ta fatigue et ton stress.

Nous avons ensuite déménagé, pour une ville qui comportait une classe ULIS, en prévision de la suite des évènements. Ton année de grande section aura été un vrai bonheur, avec une maîtresse volontaire, adorable, qui saura te parler quand il le faudra, et une AVS extra-ordinaire et qualifiée qui saura te donner des outils pour avancer. A la fin de l’année tu découpes même des lettres pour faire des mots, tu es épanoui plus que jamais. Quel bonheur ! Je ne voyais pas le reste venir…

Les problèmes ont commencé avec la primaire, car il y a donc un programme à suivre, un programme bien sûr pas adapté du tout, rempli de polycopiés insupportables et d’exercices pour toi incompréhensibles. La maîtresse est volontaire mais le manque cruel de formation se fait tellement sentir. Sans compter les changements perpétuels, que ce soit d’AVS ou « simplement » changer de portail pour la sortie, tu as besoin de repères, et l’école n’en donne pas. Je ne parle pas des absences, changement de classe imprévus, remplacements au pied levé… Quand j’interpelle la directrice on me répond que si tu ne sais pas t’adapter, tu n’as qu’à aller en IME, bien sûr devant toi, c’est bien connu, tu ne parles pas donc tu n’entends pas… Chaque situation est forcément ta faute, si tu pleurs le matin c’est un caprice, ne cherchons pas ce qui va de travers, le problème est forcément l’enfant et son handicap si « compliqué »…

Deux années vont donc se dérouler ainsi, ponctuées de tellement de choses à gérer, les sorties, les photos, les cours collectifs, les réunions de fin d’année pour nous rappeler oh combien tu es en retard (en même temps nous venons d’apprendre que tu es gaucher, on va dire que ce détail a son importance…), des excentricités qui sont les tiennes (« oui bonjour il s’est mis torse nu et ne veux pas se rhabiller »… oui le débardeur acheté la veille te serrait trop, encore désolée) et des autres enfants qui parfois, sont bien trop virulents avec toi ou te prennent pour leur poupée. Sans compter la fois où je vois cette enfant te secouer à t’en déchirer le t-shirt et où je suis intervenue, ou les griffures et les marques inexpliquées pour lesquelles il faut insister longtemps pour avoir une explication et des excuses. A priori pour eux ce n’est pas grave… Je suis exténuée de tout anticiper, de trouver des réponses à tout, mais je tiens la barre.

Je m’accroche, convaincue qu’il est bon pour toi d’être dans la « normalité » pour comprendre notre monde. Seulement voilà… A la rentrée cette année tu es catégorique, tu ne veux plus aller à l’école. Le changement de maîtresse te contrarie beaucoup trop (en même temps nous le savons le vendredi pour le lundi) et je crois que le vase va bientôt déborder. Comment faire ? Pas de solutions, tu dois faire ta rentrée… « En même temps », me dit papa, « que penses-tu de l’école à la maison ? Il a tellement avancé avec toi cet été et a l’air tellement bien. » Je m’y refuse, je veux qu’il soit séparé de moi, qu’il se débrouille seul, qu’il apprenne des choses, qu’il soit autonome… L’orthophoniste enfonce le clou en nous demandant s’il a mangé un haricot magique, car ça se passe hyper bien !

Seulement voilà, la rentrée fut chaotique. Changement de maîtresse, absence d’AVS, changement de bureau dans la classe, de manière de travailler, et bien sûr il faut tester cette nouvelle maîtresse…Il y a deux semaines de ça rien ne va plus, tu ne fais que pleurer aux séances d’orthophonie et de psychomotricité, tu ne veux plus aller dans la cour, je dois t’escorter jusqu’à ta classe sinon tu te mets dans un état de pleurs impossible à gérer. En même temps je remarque des marques sur ton dos et tes bras, donc je demande à la maîtresse si rien ne s’est passé dans la cour, car ce comportement est plus qu’étrange… On me dit que non, et même si je suis persuadée du contraire, j’attends que ça passe… Quelques jours plus tard ça va mieux, tu retournes en classe seul, je respire. La semaine suivante je suis cachée en attendant que le portail se ferme, quand j’assiste, pétrifiée, à une scène qui me parait irréelle… Un enfant vient de t’attraper par le sac à dos pour te jeter par terre, puis recommence en te jetant dans l’autre sens. Tu valdingues en avant et te fais mal au genou, puis valdingues en arrière sur les fesses. Je te vois hagard, tu ne comprends pas, moi non plus… Une élève de ta classe intervient et l’enfant, qui jusque là t’empêchait de te relever, va plus loin voir si le monde est plat… Tu te relèves, tu remontes ton pantalon et te touches le genou, je vois que tu as mal… Tu rebaisses ton pantalon et vas vers ta maîtresse, c’est l’heure de fermer les portes, elle te prend la main et part avec toi, comme si de rien n’était… De tous les adultes présents, personne n’a rien vu, personne ne t’as entendu crier, personne n’a rien fait.

Je reste là, horrifiée et paralysée, oh mon dieu… Voilà qui explique cela… Il vient de se faire agresser gratuitement, et personne n’a rien fait… Comme un air horrible de déjà vu, j’ai envie de pleurer, de vomir, de hurler…

Le midi j’interpelle donc la directrice, qui monte tout de suite au créneau en me disant que les profs ne sont pas là pour surveiller la cour, que l’AVS le fera (si si elle est toujours là, il parait) et que bon vu que tu ne parles pas, ça sera compliqué de savoir qui c’est et donc de faire quelque chose. Au bout de quelques minutes de conversation le ton monte, et je menace de porter plainte, comme ça les caméras de surveillance serviront. Tu t’es fait agressé et ça n’en restera pas là ! Un papa d’un élève de ta classe a même téléphoné pour avoir des nouvelles, son petit garçon, choqué par cette scène, lui ayant tout raconté.

Le lendemain matin j’apprends par une amie que la directrice a « fait une enquête » elle est passé dans les classes… Je vais donc la voir pour lui en parler, et à peine quelques minutes plus tard, j’entends « je suis blessée que vous ayez dit que je ne fais rien car il est handicapé ». Je crois rêver, madame devient donc victime, comme d’habitude !! Bien sûr elle n’a jamais dit ce que j’ai entendu la veille… J’ai coupé court à cette conversation inutile, la victime ici c’est TOI, ne mélangeons pas tout ! De plus si j’ai dû t’escorter deux semaines avant, c’est MA faute, quand ton papa t’as emmené 3 jours plus tard tu y es allé sans problème donc le problème c’est moi… J’ai préféré partir…

Nous avons récupéré un enfant qui n’a fait que pleurer à sa séance l’après-midi, très énervé et très contrarié. La séance de gym le lendemain a été une horreur, dès qu’un enfant t’approchait tu partais en courant et en pleurant. La frustration fut énorme car tu avais envie de faire les parcours, mais tu ne le pouvais pas. Le langage a reculé, encore, à cause de ces traumatismes, qui sont à mon goût trop récurrents.

Il a donc fallut se poser et faire le constat… La maternelle était super et comblait ta soif de découverte. Mais ensuite ? Faire des puzzles, du tri de couleur et de l’écriture apprise par un droitier, quel bénéfice ? Nous comptions sur la sociabilisation, mais en quoi se faire agresser gratuitement apprend à vivre avec les autres, surtout avec ton passif ? Est-ce que l’école ne devient pas finalement pour toi une épreuve à surmonter chaque matin ? Je commence à repenser à l’école à la maison… Ne serait-ce pas, finalement, la solution ? Pour la sociabilisation il y a la gym, et peut-être trouverons nous un centre de loisirs mixte pour t’accueillir le mercredi ? Je pourrais enfin mettre en place mon programme TEACCH récemment appris, on suivrait notre rythme, on éviterait ces événements qui pour la plupart des gens sont anodins et ridicules, après tout tu as juste le genou écorché, mais qui ont des conséquences énormes sur le travail effectué pour t’ouvrir au monde, et aussi sur ton sommeil, car nous avons passé 3 nuits  blanches ! Sans compter les séances payées pour te voir pleurer… Personne n’est intervenu mon amour, personne… et pendant 2 nuits je ne dors pas, je tourne en rond, j’aurais dû courir, crier, mais j’étais pétrifiée… Le pire est a nouveau arrivé, personne n’est venu, aucun adulte n’a rien dit, te confortant dans le sentiment que les enfants sont là pour faire mal et que les adultes ne sont pas là pour aider…

L’heure est donc à la réflexion, sauter le pas est une grande étape, effrayante, car on sortirait des « sentiers battus » et ce n’est pas rien. Cependant l’aventure me tente de plus en plus… et quand je t’ai proposé cette solution, elle t’a de suite plue. Nous visitons un IME dans quelques jours, ensuite viendra l’heure des décisions… Ces décisions toujours si difficiles à prendre, car nous ne connaissons rien de l’avenir, et que c’est ta vie et je veux que tu décides. 

Aujourd’hui je me dis que je t’ai peut-être mis pendant des années dans une situation de stress intense et je m’en veux terriblement… J’espère que, comme à chaque fois, le destin mettra sur ma route des indices évidents pour le chemin à suivre, et qu’il te permettra d’être heureux comme tu sais si bien le faire. Parce que c’est tout ce qui nous importe. 

 

La CLIS… ah non pardon : ULIS

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A partir du CP, pour les enfants qui ont la chance d’être scolarisés, on peut demander une place dans une ULIS (qui s’appelait jusqu’à récemment CLIS en primaire puis ULIS en collège et lycée).

Si vous avez une place en ULIS, vous êtes donc chanceux car toutes les écoles n’en n’ont pas et rares sont les places. Pour notre part nous tentons notre chance et croisons fort les doigts…

Ce qu’il faut savoir (nous on en a appris récemment beaucoup et parfois on a été estomaqués) :

- la ULIS primaire compte 12 enfants maximum, 1 professeur (pas forcément formé) et une AVS. Cependant, il vous est possible de demander une AVS personnalisée pour votre enfant, si il est autiste. C’est rarement accepté car si il va en ULIS c’est qu’il est capable de se gérer sans une AVS, mais c’est possible et qui ne tente rien, n’a rien ! 

- la ULIS primaire est une seule et unique classe qui va du CP au CM2 par âge. C’est-à-dire que quand votre enfant est en âge d’aller au collège, il y va qu’importe le niveau qu’il a atteint en classe. Si vous lui faites redoubler, par exemple, 2 fois la maternelle (je dis n’importe quoi pour imager), il ne fera donc que 3 ans de ULIS avant le collège et sera donc inscrit en ULIS en CE2, et donc inclus dans une classe de CE2.

- quand un enfant est en ULIS, il dépend officiellement d’une classe de CP ou autre niveau suivant son âge, l’ULIS n’est pas sa classe officielle mais une classe dans laquelle il se rend pour les matières pour lesquelles il a des difficultés. Aussi, des temps d’inclusion en classe « ordinaire » sont organisés et l’AVS ne sera pas forcément avec lui si il n’en a pas une personnalisée.

- on peut demander un redoublement de la dernière année de maternelle, si on argumente assez et si la MDPH accorde. De même, il est possible de leur faire faire une année de plus en ULIS primaire, mais là encore il faudra beaucoup argumenter et montrer la nécessité absolue de ce redoublement.

- si la ULIS est acceptée, la MDPH décide du lieu où l’enfant est inscrit, il peut donc y avoir de la route si vous n’avez de place près de chez vous, auquel cas un taxi peut être utile…

Nous avons également pu visiter la classe ULIS et voir la maîtresse, qui a gentiment répondu à nos questions. N’hésitez pas à demander à rencontrer les professeurs de ULIS près de chez vous, ça peut vous aider à prendre des décisions parfois très dures à prendre (on parle en connaissance de cause). On se fait parfois de fausses idées sur ces classes et ça rassure énormément de voir le contexte et l’enseignant, parler des difficultés de notre enfant et poser nos (nombreuses) questions.

Les réunions de suivi (ESS)

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Régulièrement (pour certaines écoles c’est tous les 3 mois, d’autres une fois par an), aura lieu à l’école une réunion de suivi, organisée par la référente MDPH.

Elle comprendra la référente, vous-même, le directeur de l’école, l’enseignante, l’ATSEM, l’AVS, la psychologue scolaire, la psychomotricienne, l’orthophoniste et autres intervenants.

A noter que si vous êtes dans le libéral, les médecins ne seront pas conviés par la référente, il faut les prévenir vous-même. Je ne saurais que trop vous conseiller de les y inviter car eux voient votre enfant régulièrement.

Pour ma part, ces réunions sont toujours très difficiles, car on entend des choses qui nous mettent en colère parfois, que ce soit de la part de l’enseignante ou d’autres. j’ai préféré faire garder mon fils à chaque fois et me faire accompagner, car une fois de plus on n’est pas toujours écoutée…

Il faut dire qu’en général la part belle est donnée à la psychologue scolaire… Qui voit donc notre enfant quelques heures en observation et sait mieux que quiconque ce dont il a besoin ?! 

L’AVS, allié indispensable

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L’AVS est une personne qui se rendra à l’école de votre enfant pour être avec lui, l’aider dans la réalisation de ses tâches, le rassurer et assurer sa sécurité (pour les enfants, par exemple, qui mettent tout à la bouche).

C’est la MDPH qui détermine le nombre d’heures d’AVS auquel vous aurez droit. Ensuite il faut croiser les doigts pour en avoir un(e) de disponible.

Vous pouvez aussi faire appel à un(e) AVS privé, mais cela reste un coût que certaines familles ne peuvent pas assumer.

 

Matériel adapté

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Certains enfants ont beaucoup de mal au niveau psychomoteur, et il existe des outils scolaires très bien adaptés pour eux sur des sites spécialisés.

Par exemple, notre fils a beaucoup de mal avec les ciseaux, donc nous lui avons acheté un cutter en forme de boule, spécialement conçu pour les enfants, donc il peut l’utiliser en toute sécurité.

Voir liens à droite pour des sites de vente.

Le centre de loisirs

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Votre enfant a le droit d’aller au centre de loisirs.

Le mien y va d’ailleurs et il s’y éclate ! La directrice du centre de loisirs était ravie de l’accueillir et cela permet de ne pas avoir trop de temps sans séparation (nous le mettons deux matinées par semaine pendant les vacances).

Certaines communes attribuent un animateur supplémentaire pour votre enfant, mais il vous faudra en faire la demande vous-même auprès du Maire de votre lieu de résidence.

 

happy kids

La scolarité

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Votre enfant a le DROIT d’être scolarisé, dès lors que vous en faites la demande. Une AVS peut être attribuée pour le soutenir.

En aucun cas cela ne peut vous être refusé. Cependant, il faudra être préparé à faire face à certains enseignants qui ne comprennent pas ou ne veulent pas faire d’efforts.

Si vous rencontrez de trop grosses difficultés, n’hésitez pas à demander des conseils juridiques, souvent inclus dans votre mutuelle ou votre assurance, ou à contacter un avocat (si les finances le permettent). Il existe aussi des associations qui peuvent vous épauler.

Nous avons dû faire un recommandé à l’école pour leur rappeler nos droits et ils n’ont pas apprécié mais n’hésitez pas à le faire, il est important qu’ils sachent que vous surveillez la situation scolaire de votre enfant.

Beaucoup d’infos juridiques ici : http://www.egalited.org/Recours.html

A partir du CP, votre enfant peut entrer dans une CLIS1 ou une CLISted. Ce sont des classes spécifiques au sein d’écoles classiques, composées d’un petit groupe d’élèves qui sont bien encadrés. Ils participent à des activités avec les autres classes, ce qui facilite la socialisation et l’intégration.

A partir du collège, il existe des ULIS, même système de classes.

Mise à jour : aujourd’hui, ces classes s’appellent toutes ULIS, même en primaire.

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